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Régulièrement, Kurt Buehlmann nous livre son analyse sur l'actualité économique européenne et mondiale.

L'opération "Grand Reset"

01.12.2020 Vous avez certainement déjà entendu parler du Grand Reset. Que veut dire cette expression ? Dans cet article je vous partage quelques idées à ce sujet. Par ailleurs, ce « Grand Reset » se fera à mon avis plus rapidement dans la zone euro qu’ici en Suisse. Toutefois, la Suisse n’étant plus cette île tranquille, comparable au célèbre village gaulois dans l’histoire d’Astérix et d’Obélix, ce Grand Reset finira bien d’arriver dans les montagnes suisses également…

Madame Christine Lagarde, présidente de la BCE (Banque Centrale Européenne), vient d’annoncer le lancement d’une enquête d’opinion concernant l’émission d’un euro numérique qui serait géré par une blockchain. Cela nous rappelle les monnaies virtuelles, comme par exemple le Bitcoin. « Alors que les Européens se tournent de plus en plus vers le numérique dans la manière dont ils dépensent, économisent et investissent, nous devons être prêts à émettre un euro numérique, si nécessaire. Je souhaite également connaître votre point de vue à ce sujet », a déclaré Madame Lagarde. Et de spécifier : « Nous venons de lancer une consultation publique afin que les consommateurs et les Européens puissent réellement exprimer leur préférence, et nous dire s’ils seraient heureux d’utiliser un euro numérique de la même manière qu’ils utilisent une pièce en euros ou un billet en euros, sachant que c’est la monnaie de la banque centrale qui est disponible et sur laquelle ils peuvent compter ».

Est-ce vraiment pour le bien de nous ?

Tout cela sonne assez bien à nos oreilles : connaître notre point de vue ; pouvoir réellement exprimer nos préférences ; dire si nous seraient heureux ; savoir que nous pouvons compter sur eux… Mais, est-ce vraiment pour le bien du commun de mortel ? Tout d’abord, il faut savoir que la décision est en réalité déjà entérinée, et que tout l’enjeu des prochains mois consistera à rendre la transition vers l’usage d’un euro numérique acceptable, sinon désirable. En cas de rejet du grand public, ce sera, à n’en pas douter, le chantage à la peur de l’effondrement d’un système qui est effectivement condamné depuis 2008. Le lancement de la monnaie numérique « grand public » ferait de la BCE une banque de détail. L’euro « 2.0 » ne serait plus seulement une monnaie destinée à être utilisée entre les banques, mais par l’ensemble des particuliers et entreprises. En d’autres termes, c’est la banque centrale qui prendra le contrôle de l’inscription numérique de l’épargne des citoyens et qui gérera les transactions du quotidien.

Une (r)évolution qui soulève des questions de fond

Cette évolution majeure soulève par ailleurs de sérieuses questions : comment nos dépenses resteront-elles de l’ordre du privé ? Qui peut le garantir ? Qui supervisera le crédit ? Qui pourra prêter à qui ? Qui remboursera quoi, à quel prix et sous quel délai ? La BCE n’est cependant pas seule dans la boucle : Benoit Cœuré, le responsable du pôle d’innovation à la BRI (Banque des règlements internationaux, la banque centrale des banquiers centraux, domiciliée à Bâle) et pourtant « cryptosceptique », a confirmé dans un récent article paru dans CoinDesk que les discussions internes sont désormais très avancées en vue de la mise en œuvre d’une “CBDC de détail” (monnaie numérique de détail) qui marginaliserait encore plus la monnaie fiduciaire, c’est-à-dire la monnaie matérielle sous la forme que l’humanité utilise depuis trois millénaires (billets, pièces, titres de créance etc.).

Sera-ce la fin de notre monnaie sous forme de billets de banques et de pièces ?

Sous prétexte de commodité, de « sécurité » des transactions (plus de piratage des cartes de crédit), le citoyen renoncera à détenir de l’argent sur son compte. Surtout, il n’aura plus la possibilité de convertir ses avoirs en cash en tirant des billets dans des distributeurs qui se font déjà de plus en plus rares. L’argument massue est que, ce faisant, toutes les transactions seront dématérialisées, dans une recherche de simplicité et de rapidité, et la question de l’argent occulte ou sale s’en trouvera résolue. A partir du moment où l’épargne et les flux financiers personnels (les revenus et salaires, le remboursement des mensualités de crédit etc.) seront « fondus » dans le système numérique global, et non plus atomisés entre de multiples établissements financiers, il suffira à la banque centrale d’appuyer sur la touche « Enter » pour créer de l’argent à volonté ou d’appuyer sur « Suppr. » pour figer les comptes, bloquer tous les virements et toutes sortes d’opérations financières imaginables.

Que faire des énormes dettes accumulées ?

La crise du Covid-19 a fait exploser la dette déjà énorme. Le niveau record de 277.000 milliards de dollars (233.400 milliards d’euros) d’endettement mondial devrait être atteint d’ici la fin 2020. Aux États-Unis, la dette totale (publique, entreprises et privée) devrait augmenter jusqu’à 87.000 milliards de dollars en cette fin d’année (source : www.usdebtclock.org). La zone euro n’est pas en reste, puisque la dette y a augmenté de 1.500 milliards de dollars lors des neuf premiers mois de l’année. Elle a atteint 53.000 milliards à la fin du mois de septembre. Des défauts de paiement de pays et d’entreprises seront inévitables. Les dettes pesant sur les générations futures sont si colossales qu’elles ne sont déjà plus remboursables.

Le temps est à l’action !

Si les dettes ne sont plus remboursables, alors comment faire ? Contrairement à la théorie du prix Nobel 2008 Paul Krugmann « nous devons la dette à nous-même, de ce fait les dettes n’ont aucun impact… » je constate très régulièrement dans nos séminaires finances que le débiteur devient esclave de la dette. Je l’ai vécu moi-même et la Bible le confirme dans des mots très clairs. Il est donc illusoire de penser que l’endettement se règlera par lui-même. Au bout de cette mésaventure quelqu’un payera l’addition ! Je vous laisse deviner qui…

Depuis de nombreuses années je mets en garde : préparez-vous à des temps où le monde ne sera plus le monde d’hier. Et la monnaie du monde ne sera plus cette monnaie dans laquelle nous avons eu, peut-être à juste titre, une confiance immaculée depuis notre naissance. Tempi passati ! Nous devons nous préparer, même que nous ne pouvons (ou voulons) pas vraiment nous imaginer que ce château de carte s’effondrera.

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Source: AGORA - La bourse au quotidien